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	Commentaires sur : Anton Bruckner, Symphonie II – Erstfassung 187	</title>
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	<link>https://audiophile-magazine.com/discographie/anton-bruckner-symphonie-ii-erstfassung-187/</link>
	<description>Le seul magazine hifi français totalement indépendant</description>
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		<title>
		Par : Joël Chevassus		</title>
		<link>https://audiophile-magazine.com/discographie/anton-bruckner-symphonie-ii-erstfassung-187/#comment-38</link>

		<dc:creator><![CDATA[Joël Chevassus]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 May 2020 13:38:51 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">https://audiophile-magazine.com/?p=278#comment-38</guid>

					<description><![CDATA[En réponse à &lt;a href=&quot;https://audiophile-magazine.com/discographie/anton-bruckner-symphonie-ii-erstfassung-187/#comment-37&quot;&gt;Aspro&lt;/a&gt;.

Bonjour cher Aspro,

Oui vous avez raison, sauf peut-être à abuser de l&#039;aspirine, mais là n&#039;est pas le sujet.
Ralentir le tempo permet évidemment tout ça. En voulant être un peu moins mystique, ou carrément beaucoup plus terre-à-terre, je dirais que cette approche permet de davantage mettre en exergue la structure de l’œuvre, quitte parfois à en voir la pauvreté plutôt que la beauté scripturale...
C&#039;est une constance, je crois, chez ce chef brucknerien qui par exemple dans la 8ème arrive à faire presque 33 minutes dans le final alors qu&#039;il en fait 24 sur l&#039;enregistrement de Simone Young, et 22 minutes sur celle de Boulez avec le Philharmonique de Vienne.
La version de Boulez en comparaison de celle de Ballot est affreusement, désespérément sombre. Alors que celle de Ballot apporte une clarté, et une différenciation des instruments incroyable : quelles trompettes, quels cors dans ce mouvement final...
On a vraiment la sensation de deux perspectives diamétralement opposées (Boulez / Ballot). On ressent également la valeur ajoutée de l&#039;instrumentiste, car Rémy Ballot est au demeurant un excellent violoniste, et non pas un violoniste raté ou ayant bifurqué trop tôt (il n&#039;y a qu&#039;à l&#039;entendre jouer Paganini). On sent ainsi cette recherche obsessionnelle du musicien (et notamment de l&#039;amateur de musique baroque) d&#039;une qualité de son et d&#039;une respiration idéale dans la conduction des symphonies de Bruckner.
Cela s&#039;entend même dans la qualité technique de l&#039;enregistrement (les audiophiles apprécieront) car je connais peu de lives où le résultat final est si propre, très proche d&#039;un enregistrement studio, l&#039;atmosphère en plus...
Bref, tout ça pour dire que cette performance va au delà d&#039;une simple dilatation temporelle, même si celle-là reste un point d&#039;ancrage fondamental de cette interprétation.

Cordialement,

JC]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En réponse à <a href="https://audiophile-magazine.com/discographie/anton-bruckner-symphonie-ii-erstfassung-187/#comment-37">Aspro</a>.</p>
<p>Bonjour cher Aspro,</p>
<p>Oui vous avez raison, sauf peut-être à abuser de l&rsquo;aspirine, mais là n&rsquo;est pas le sujet.<br />
Ralentir le tempo permet évidemment tout ça. En voulant être un peu moins mystique, ou carrément beaucoup plus terre-à-terre, je dirais que cette approche permet de davantage mettre en exergue la structure de l’œuvre, quitte parfois à en voir la pauvreté plutôt que la beauté scripturale&#8230;<br />
C&rsquo;est une constance, je crois, chez ce chef brucknerien qui par exemple dans la 8ème arrive à faire presque 33 minutes dans le final alors qu&rsquo;il en fait 24 sur l&rsquo;enregistrement de Simone Young, et 22 minutes sur celle de Boulez avec le Philharmonique de Vienne.<br />
La version de Boulez en comparaison de celle de Ballot est affreusement, désespérément sombre. Alors que celle de Ballot apporte une clarté, et une différenciation des instruments incroyable : quelles trompettes, quels cors dans ce mouvement final&#8230;<br />
On a vraiment la sensation de deux perspectives diamétralement opposées (Boulez / Ballot). On ressent également la valeur ajoutée de l&rsquo;instrumentiste, car Rémy Ballot est au demeurant un excellent violoniste, et non pas un violoniste raté ou ayant bifurqué trop tôt (il n&rsquo;y a qu&rsquo;à l&rsquo;entendre jouer Paganini). On sent ainsi cette recherche obsessionnelle du musicien (et notamment de l&rsquo;amateur de musique baroque) d&rsquo;une qualité de son et d&rsquo;une respiration idéale dans la conduction des symphonies de Bruckner.<br />
Cela s&rsquo;entend même dans la qualité technique de l&rsquo;enregistrement (les audiophiles apprécieront) car je connais peu de lives où le résultat final est si propre, très proche d&rsquo;un enregistrement studio, l&rsquo;atmosphère en plus&#8230;<br />
Bref, tout ça pour dire que cette performance va au delà d&rsquo;une simple dilatation temporelle, même si celle-là reste un point d&rsquo;ancrage fondamental de cette interprétation.</p>
<p>Cordialement,</p>
<p>JC</p>
]]></content:encoded>
		
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		<title>
		Par : Aspro		</title>
		<link>https://audiophile-magazine.com/discographie/anton-bruckner-symphonie-ii-erstfassung-187/#comment-37</link>

		<dc:creator><![CDATA[Aspro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 May 2020 17:38:37 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">https://audiophile-magazine.com/?p=278#comment-37</guid>

					<description><![CDATA[Bonjour Joël Chevassus,

Je reviens volontiers sur le premier commentaire, comme vous le sollicitiez plus tôt.

Précisions d’abord que Rémi Ballot a été l’un des derniers élèves de Sergiu Celibidache, ce qui explique en grande partie le travail d’interprétation que vous aviez chroniqué et cette dilatation si particulière du tempo. La filiation est claire, explicite. Les valeurs transmises par le Maestro roumain dans son enseignement se retrouvent par conséquent à plein ici.
Reste à comprendre quelle  fut sa conception de la direction d’orchestre qui explique, motive, justifie ce tempo particulier!
Un lien qui propose la vision musicale de Célibidache : https://www.youtube.com/watch?v=SthKs40ClCY
Il faut préciser que la Maestro roumain était un adepte de la phénoménologie et de la spiritualité indienne, on se retrouve donc mal embarqué pour définir simplement son enseignement, et c’est un euphémisme….
En étant « terre à terre » (?!),  on peut résumer- enfin, je tente : 
1)	la musique, en tant qu’événement d’abord cognitif, doit être conduite, organisée afin que le spectateur puisse matérialiser convenablement  la somme des informations sonores reçues à chaque instant. Le chef conduit l’état physique puis mental du spectateur en conduisant l’orchestre.
2)	Plus le son est lent, moins il est physique et plus il est « astral ». Le spectateur se synchronise à un ordre différent de la proposition rythme/mélodie.
3)	La musique doit alors amener à la transcendance de/par l’œuvre interprétée, vers la vérité qui n’existe que dans le présent de la musique.
N’en jetez-plus ! Bon, je vous la fais courte :
 il dit (sans le dire) qu’on doit jouer sur les conditions de direction musicale nécessaires à la modification progressive de  l’état de conscience du spectateur (c’est moi qui souligne),  et l’amener alors à la perception, la conscientisation finale d’un état non logique, purement spirituel. C’est ce qu’il appelle la recherche de la vérité. 
Il revendique finalement une volonté démiurgique dans sa conduite musicale.
Et il insiste sur le fait que cet état final, mental, spirituel, ne peut  pas techniquement  être enregistré. Trop d’infos, et à des « niveaux » trop nombreux pour qu’on puisse, d’après lui,  le revivre. Et son refus d’éditer des galettes pendant des lustres, et la présence continue d’enregistrements pirates médiocres de ses propres œuvres.
Excusez-moi de vous demander pardon, mais je vais absorber deux cachets d’aspirine.
Bien à vous.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour Joël Chevassus,</p>
<p>Je reviens volontiers sur le premier commentaire, comme vous le sollicitiez plus tôt.</p>
<p>Précisions d’abord que Rémi Ballot a été l’un des derniers élèves de Sergiu Celibidache, ce qui explique en grande partie le travail d’interprétation que vous aviez chroniqué et cette dilatation si particulière du tempo. La filiation est claire, explicite. Les valeurs transmises par le Maestro roumain dans son enseignement se retrouvent par conséquent à plein ici.<br />
Reste à comprendre quelle  fut sa conception de la direction d’orchestre qui explique, motive, justifie ce tempo particulier!<br />
Un lien qui propose la vision musicale de Célibidache : <a href="https://www.youtube.com/watch?v=SthKs40ClCY" rel="nofollow ugc">https://www.youtube.com/watch?v=SthKs40ClCY</a><br />
Il faut préciser que la Maestro roumain était un adepte de la phénoménologie et de la spiritualité indienne, on se retrouve donc mal embarqué pour définir simplement son enseignement, et c’est un euphémisme….<br />
En étant « terre à terre » (?!),  on peut résumer- enfin, je tente :<br />
1)	la musique, en tant qu’événement d’abord cognitif, doit être conduite, organisée afin que le spectateur puisse matérialiser convenablement  la somme des informations sonores reçues à chaque instant. Le chef conduit l’état physique puis mental du spectateur en conduisant l’orchestre.<br />
2)	Plus le son est lent, moins il est physique et plus il est « astral ». Le spectateur se synchronise à un ordre différent de la proposition rythme/mélodie.<br />
3)	La musique doit alors amener à la transcendance de/par l’œuvre interprétée, vers la vérité qui n’existe que dans le présent de la musique.<br />
N’en jetez-plus ! Bon, je vous la fais courte :<br />
 il dit (sans le dire) qu’on doit jouer sur les conditions de direction musicale nécessaires à la modification progressive de  l’état de conscience du spectateur (c’est moi qui souligne),  et l’amener alors à la perception, la conscientisation finale d’un état non logique, purement spirituel. C’est ce qu’il appelle la recherche de la vérité.<br />
Il revendique finalement une volonté démiurgique dans sa conduite musicale.<br />
Et il insiste sur le fait que cet état final, mental, spirituel, ne peut  pas techniquement  être enregistré. Trop d’infos, et à des « niveaux » trop nombreux pour qu’on puisse, d’après lui,  le revivre. Et son refus d’éditer des galettes pendant des lustres, et la présence continue d’enregistrements pirates médiocres de ses propres œuvres.<br />
Excusez-moi de vous demander pardon, mais je vais absorber deux cachets d’aspirine.<br />
Bien à vous.</p>
]]></content:encoded>
		
			</item>
		<item>
		<title>
		Par : Joël Chevassus		</title>
		<link>https://audiophile-magazine.com/discographie/anton-bruckner-symphonie-ii-erstfassung-187/#comment-35</link>

		<dc:creator><![CDATA[Joël Chevassus]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 May 2020 20:01:48 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">https://audiophile-magazine.com/?p=278#comment-35</guid>

					<description><![CDATA[Vous avez en tout cas parfaitement capté le message que je souhaitais faire passer. Curieux de connaître votre réaction à posteriori.
Bien sincèrement,]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Vous avez en tout cas parfaitement capté le message que je souhaitais faire passer. Curieux de connaître votre réaction à posteriori.<br />
Bien sincèrement,</p>
]]></content:encoded>
		
			</item>
		<item>
		<title>
		Par : Aspro		</title>
		<link>https://audiophile-magazine.com/discographie/anton-bruckner-symphonie-ii-erstfassung-187/#comment-34</link>

		<dc:creator><![CDATA[Aspro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 May 2020 11:21:04 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">https://audiophile-magazine.com/?p=278#comment-34</guid>

					<description><![CDATA[Bonjour,
Un minuscule retour, qui concerne cette œuvre-ci d’abord et l’ensemble de ces symphonies ensuite : 
dans un premier temps, sachez que je ne vous remercie pas de cette critique car elle met vraiment l’eau à la bouche :-)!
Explication : parmi les multiples interprétations des symphonies d’Anton Bruckner (et pas Pascal), quelques chapelles (c’est le cas de le dire) se distinguent :
La version mystico-mystique de Célibidache, celle structurée à mort de Klemperer, la « version officielle » de Karajan, celle religieuse de Jochum et enfin la « réverbérante » de Haitink (enregistrée dans la salle du Concertgebouw).
Je ne vous parle évidemment que de celles que j’ai le plaisir d’écouter.
 Il n’est pas ici question d’établir une hiérarchie entre ces différentes versions tant il semble difficile de classer ces sensibilités complémentaires, toutes intéressantes, et sur quels critères, mais plutôt de saisir simplement celle qui parle peut-être plutôt à notre sensibilité en y apportant, grâce au talent du compositeur d’abord et du conducteur ensuite, un supplément d’âme bienvenu. Car c’est peut-être cela qui définit un artiste : créer à l’écoute un effet-miroir infini qui nous oblige à les écouter sans cesse, à les redécouvrir chaque fois à un âge différent, et en fonction de notre expérience de la vie, à y découvrir des couleurs supplémentaires, plus nuancées et plus profondes.
Pour revenir sur celle que vous chroniquez, vous mettez, amha, très opportunément l’accent sur sa durée/lenteur. Face au speed de l’époque, où une écoute est souvent zappée par une impatience de l’auditeur totalement déplacée (l’esprit raisonne mais pas l’âme qui, si elle était convoquée, résonnerait), la durée/lenteur est mal perçue alors qu’elle met, par définition, en valeur, une structure, une organisation de la création et qu’enfin, elle est caresse temporelle quand elle est vraiment maîtrisée. Il y a d’autres exemples frappants mais ce n’est pas le sujet.
Ce bavardage pour dire que votre analyse a retenu mon attention. Merci à vous.
Cordialement.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bonjour,<br />
Un minuscule retour, qui concerne cette œuvre-ci d’abord et l’ensemble de ces symphonies ensuite :<br />
dans un premier temps, sachez que je ne vous remercie pas de cette critique car elle met vraiment l’eau à la bouche :-)!<br />
Explication : parmi les multiples interprétations des symphonies d’Anton Bruckner (et pas Pascal), quelques chapelles (c’est le cas de le dire) se distinguent :<br />
La version mystico-mystique de Célibidache, celle structurée à mort de Klemperer, la « version officielle » de Karajan, celle religieuse de Jochum et enfin la « réverbérante » de Haitink (enregistrée dans la salle du Concertgebouw).<br />
Je ne vous parle évidemment que de celles que j’ai le plaisir d’écouter.<br />
 Il n’est pas ici question d’établir une hiérarchie entre ces différentes versions tant il semble difficile de classer ces sensibilités complémentaires, toutes intéressantes, et sur quels critères, mais plutôt de saisir simplement celle qui parle peut-être plutôt à notre sensibilité en y apportant, grâce au talent du compositeur d’abord et du conducteur ensuite, un supplément d’âme bienvenu. Car c’est peut-être cela qui définit un artiste : créer à l’écoute un effet-miroir infini qui nous oblige à les écouter sans cesse, à les redécouvrir chaque fois à un âge différent, et en fonction de notre expérience de la vie, à y découvrir des couleurs supplémentaires, plus nuancées et plus profondes.<br />
Pour revenir sur celle que vous chroniquez, vous mettez, amha, très opportunément l’accent sur sa durée/lenteur. Face au speed de l’époque, où une écoute est souvent zappée par une impatience de l’auditeur totalement déplacée (l’esprit raisonne mais pas l’âme qui, si elle était convoquée, résonnerait), la durée/lenteur est mal perçue alors qu’elle met, par définition, en valeur, une structure, une organisation de la création et qu’enfin, elle est caresse temporelle quand elle est vraiment maîtrisée. Il y a d’autres exemples frappants mais ce n’est pas le sujet.<br />
Ce bavardage pour dire que votre analyse a retenu mon attention. Merci à vous.<br />
Cordialement.</p>
]]></content:encoded>
		
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