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Beethoven – Fortepiano sonatas

L’instrument d’époque donne forcément un éclairage différent sur ces sonates. Celles sélectionnées dans cet album sont la Pathétique, Clair de lune, La Tempête, Waldstein et L’Appassionata: un beau programme en perspective !

Moins d’opulence sans doute qu’un piano moderne mais une clarté inégalée faisant ressortir la verdeur des timbres, la complexité des accords et de manière globale la polyphonie de cette musique beethovenienne.

Le phrasé de Cyril Huvé est pur et incisif, respectant parfaitement les nuances. Plusieurs instruments ont été utilisés pour l’enregistrement des différentes sonates : un Mathias Müller de 1810 pour les sonates 8 et 14, un Johannes Schanz de 1818 pour la 17 et un Conrad Graf de 1827 pour les 21 et 23.

La qualité de la prise de son et l’environnement peu réverbérant font écho à la rigueur de l’interprétation, évitant les écueils d’une ornementation trop riche et de l’abus de rubato. En ce sens, cette lisibilité exemplaire et ces changements d’instruments en feraient presque un disque de test idéal pour audiophiles avertis…

Le presto agitato de la 14 est vraiment envoûtant du fait de cette lisibilité extrême et de la verdeur de certaines notes et accords. 

Quelle richesse tonale et quel style !

La tempête emporte le Mathias Müller pour le remplacer par le Schanz. On sent que Cyril Huvé lutte ici davantage avec l’instrument dont les timbres sont néanmoins plus charmeurs mais le phrasé moins fluide et incisif. La différence tonale est évidente. L’allegretto final reprend un peu de vigueur, comme si le pianiste avait finalement réussi à dompter l’instrument. On ne peut que saluer cet engagement et cet équilibre manifestes.

Changement d’atmosphère à l’orée de la Waldstein avec un instrument sans doute plus proche de nos références modernes, même si la plage dynamique reste en retrait,

Mais la sonorité du Conrad Graf acquiert un moelleux évident. Huvé en tire la substantifique moelle, délivrant un aigu plein et chantant, ainsi qu’un bas médium généreux et particulièrement bien timbré.

L’Appassionata caractérise bien cette évolution vers un climax plus intense au détriment de cette précision et neutralité si caractéristique des deux premières sonates.

C’est presque un jeu différent. Mais c’est bien là le tour de force d’un grand pianiste que de s’adapter et de magnifier la personnalité de chaque instrument. J’adore !

  • Titre: Beethoven – Fortepiano sonatas.
  • Artistes : Cyril Huvé.
  • Format: PCM 16 bit, 44,1 kHz 
  • Ingénieur du son : Frédéric Briant.
  • Editeur/Label: Calliope.
  • Année: 2020
  • Genre: Classique.
  • Intérêt du format HD : Format CD uniquement.

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