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Editorial Mars 2026

Mes meilleurs souvenirs de Varsovie

Je suis retourné après deux années d’absence au salon Audio Vidéo de Varsovie (Warsaw AVS). Autant dire d’ailleurs que la partie vidéo de cette manifestation est particulièrement modeste en comparaison de sa partie audio. Il faut dire que nous sommes ici au pays de Frédéric Chopin, et que les Polonais sont dans l’ensemble très intéressés par les systèmes de haute-fidélité, en tout cas beaucoup plus que le public hexagonal peut le manifester. Cet attrait pour la reproduction sonore de qualité n’a vraiment rien à voir avec ce qu’on peut expérimenter en France et même en Allemagne. La haute-fidélité reste en Pologne une vraie attraction, alors que dans le bloc de l’ouest, il ne reste plus qu’une dimension bassement mercantile, faite et organisée pour un public majoritairement professionnel. C’est pourquoi il est réconfortant pour nous, qui écrivons pour le grand public, ou du moins pour un groupe de consommateurs avertis, de voir qu’il y a encore autant de particuliers qui viennent en masse découvrir les nouveautés en matière de haute-fidélité. Les chiffres de l’édition de cette année démontrent que le Warsaw Audio Video Show compte parmi les plus grandes manifestations sur la planète avec 230 exposants et 188 salles et quelques 19 mille visiteurs. Cela le positionne dans le top trois des salons hi-fi mondiaux avec Munich et Hong-Kong. C’est ainsi, avec une certaine exaltation, que je suis retourné au salon de Varsovie dont l’importance grandit chaque année.

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Autre élément passionnant : l’offre commerciale locale et en provenance des pays avoisinants. En effet, ces produits se destinent essentiellement au marché régional et on ne les croise quasiment nulle part ailleurs.

Les trois sites qui hébergent la manifestation ont chacun leur propre identité : Le Radisson Sobieski regroupe la grande majorité des acteurs régionaux et est sans doute celui des trois qui réserve le plus de surprises. Le Golden Tulip, situé à cinq minutes de marche du Sobieski, dispose de très peux d’emplacements, mais de plus grandes salles, qui permettent à certains fabricants de rester proche du site historique tout en bénéficiant de davantage d’espace. Enfin, le Stade National fait la place aux grandes marques internationales, comme aux blasons moins renommés, et élargit encore cette année sa superficie utile en offrant 14 salles additionnelles de très grande superficie.

Devant tant de diversité, il m’est difficile d’établir un classement de ce qui m’a le plus marqué durant ces trois jours. Je vais donc me contenter de faire une énumération des quelques démonstrations qui auront retenu mon attention.

Le Sobieski est vraiment le cabinet de curiosités, et c’est là que j’ai finalement passé le plus de temps. Il regroupe en fait un très grand nombre d’exposants sur 8 niveaux. J’y ai retrouvé beaucoup de personnes que j’avais pu croiser il y a trois ans, ainsi que quelques nouveaux venus, à l’instar de Anti-Matter qui faisait ses tous débuts sur ce salon. J’ai beaucoup apprécié le constructeur lithuanien Silent Pound. Si je n’avais pas été particulièrement impressionné la première fois que j’ai pu écouter ces enceintes en 2022, j’ai radicalement changé mon appréciation car ce transducteur compact 3 voies « Bloom » développait une image tellement structurée que cela en était vraiment bluffant. A l’instar de sa grande soeur « Challenger 2 », cette enceinte utilise le principe de directivité constante. Silent Pound revendique ainsi de pouvoir réduire par trois le rayonnement acoustique dans la pièce (avec un indice de directivité d’environ 4,8 dB), notamment via un travail très spécifique sur les basses fréquences. Le fabricant recherche un équilibre acoustique optimal entre les gammes de fréquences moyennes et basses, améliorant ainsi la qualité sonore globale et offrant une scène sonore nettement plus nuancée et détaillée que les systèmes traditionnels. Difficile d’en savoir beaucoup plus. En synthèse, l’écoute s’est révélée très surprenante pour une enceinte de ce niveau de prix (environ 15.000 €).

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Facteur d’enceintes reconnu en Pologne, mais aussi à l’étranger, Horns était présent dans plusieurs salles, avec bien souvent des démonstrations très convaincantes. A tel point d’ailleurs, que je suis à nouveau très intrigué par cette marque et aimerais bien pouvoir tester un de leurs gros modèles comme les Symphony ou les Universum.

L’association des colonnes Aria III MK3 avec les électroniques Mavis Lab a constitué pour moi une des meilleures écoutes du salon, particulièrement vivante, définie et timbrée. J’ai adoré. Cette marque encore très discrète du constructeur vietnamien ThivanLabs a vraiment retenu mon attention et mériterait clairement d’être plus connue. Elle était d’ailleurs aussi présente dans une autre salle en partenariat avec les enceintes Eros 7 de ThivanLabs.

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Le fabricant polonais J. Sikora a présenté sa platine vinyle Reference, fleuron de sa gamme, et proposée à 50 000 euros. La cellule, l’Aidas Mammoth Gold, utilise de l’ivoire de mammouth et coûte la bagatelle de 9 000 euros. Le préamplificateur phono J. Sikora Reference Line, conçu par Doshi Audio, était présenté en avant-première mondiale. Il s’agissait d’un prototype, dont le prix reste confidentiel.

Kharma démontrait ses enceintes Enigma Veyron 2D, dont le prix avoisine le demi-million d’euros. Les EV 2D bénéficient d’un coffret plus volumineux que les autres modèles de la gamme et utilisent largement des tweeters à dôme diamant, avec trois tweeters au centre de chaque enceinte.

Côté amplification, les blocs Golmund Telos 4800, capables de produire 1 kW de puissance par canal sous 4 ohms, faisaient leur job. Le préampli était un Mimesis Reference, toujours de chez Goldmund. Cela a été pour moi la meilleure démonstration de l’édition 2025.

L’association Kharma / Goldmund / J. Sikora fonctionnait à merveille. Le rendu était particulièrement dynamique et vivant. Je suis généralement habitué à ce son chez Kharma mais j’ai souvent eu l’impression qu’il n’était pas complètement naturel, voire un peu caricatural. Cette fois-ci, les grandes Enigma Veyron respiraient pleinement et développaient une scène sonore immense, fluide et organique sans aucun artefact. Certes l’addition commence à être lourdement salée, mais le résultat était clairement au rendez-vous.

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Il s’agit ici d’une toute petite sélection des trois meilleures écoutes faites durant ce salon.

Mais ce qui est exaltant, c’est qu’il y en a beaucoup d’autres qui valaient assurément le coup de s’y attarder. Varsovie reste pour moi le meilleur évènement pour découvrir de nombreuses marques très qualitatives, confidentielles ou renommées.

Je suis définitivement fan, et j’y retournerai sans doute très bientôt ! Pour découvrir plus en détail l’édition 2025, je vous invite à consulter notre reportage fait au Sobieski, et au Stade National. Je vous souhaite une bonne lecture !

J. Chevassus

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