
Au Stade National, Lampizator a dévoilé son DAC Aphrodite dans la salle Amsterdam qui constitue son nouveau porte étendard. Pour un prix de 88 000 € HT, ce DAC se positionne donc au-dessus du Horizon et utilise une double alimentation avec deux tubes redresseurs et huit KT88. La section numérique intègre un nouveau système de reclocking avec un tampon FIFO et des oscillateurs à quartz à très faible bruit.
Le facteur d’enceintes Clarisys Audio a présenté dans cette même salle l’Aria, une enceinte à ruban magnétique planar dipolaire à quatre panneaux, affichée au prix de 143 000 €.
L’amplificateur utilisé était un VAC Master 300 iQ, un amplificateur de puissance stéréo piloté par un préamplificateur à tubes symétrique Lampizator Neptune.
Tous les câbles présents dans la pièce étaient signés David Laboga et leur coût à lui seul avoisinait les 40 000 euros.
Le résultat global était extrêmement propre, et pouvait être écouté des deux côtés du système, avant et arrière… Le point faible était sans doute l’écartement du panneau des aigus vis à vis du panneau médium-grave, qui, selon le positionnement des auditeurs, pouvait engendrer quelques non-linéarités. Bien installé, ce système doit sans doute être redoutable.




Le fabricant polonais J. Sikora a présenté sa platine vinyle Reference, fleuron de sa gamme, et proposée à 50 000 euros. La cellule, l’Aidas Mammoth Gold, utilise de l’ivoire de mammouth et coûte la bagatelle de 9 000 euros. Le préamplificateur phono J. Sikora Reference Line, conçu par Doshi Audio, était présenté en avant-première mondiale. Il s’agissait d’un prototype, dont le prix reste confidentiel.
Kharma démontrait ses enceintes Enigma Veyron 2D, dont le prix avoisine le demi-million d’euros. Les EV 2D bénéficient d’un coffret plus volumineux que les autres modèles de la gamme et utilisent largement des tweeters à dôme diamant, avec trois tweeters au centre de chaque enceinte.
Côté amplification, les blocs Golmund Telos 4800, capables de produire 1 kW de puissance par canal sous 4 ohms, faisaient leur job. Le préampli était un Mimesis Reference, toujours de chez Goldmund.
Cela a été pour moi la meilleure démonstration de l’édition 2025. L’association Kharma / Goldmund / J. Sikora fonctionnait à merveille. Le rendu était particulièrement dynamique et vivant. Je suis généralement habitué à ce son chez Kharma mais j’ai souvent eu l’impression qu’il n’était pas complètement naturel, voire un peu caricatural. Cette fois-ci, les grandes Enigma Veyron respiraient pleinement et développaient une scène sonore immense, fluide et organique sans aucun artefact. Certes l’addition commence à être lourdement salée, mais le résultat était clairement au rendez-vous.

Lorenzo Audio Labs présentait son enceinte haut de gamme LM1 mk2. Ce modèle quatre voies est équipé d’un haut-parleur de graves de 40 cm, d’un haut-parleur de médium de 28 cm à aimants Alnico, d’un moteur à compression en béryllium intégré à un pavillon et d’un super tweeter de 25 mm. Sa sensibilité est de 96 dB sous 8 ohms.
Le système comprenait également le convertisseur numérique-analogique MSB Cascade et les amplificateurs MSB M500.
C’était un système très vivant, très incarné et dynamique. J’ai beaucoup apprécié également.

La salle Dynaudio démontrait les Dynaudio Contour 20 Black Edition et Confidence 60, alimentées par les amplificateurs de puissance hybride Circle Labs M 500 (600 W sous 8 Ohms) et le préamplificateur P 300.
Il faut toujours un peu de puissance pour ouvrir ces enceintes et ici, elles étaient particulièrement bien servies. C’est toujours agréable d’entendre ces enceintes avec suffisamment de watts et d’ampérage pour les remuer.

Falcon Acoustics a présenté en avant-première européenne sa marque haut de gamme Oneiros Audio (le nom parle de lui-même), avec ses premières enceintes acoustiques proposées pour la modique somme d’un demi-million de livres sterling. Les coffrets utilisent des panneaux sandwich en composite de carbone de pointe. Chaque enceinte mesure 160 cm de haut et pèse 120 kg. Le système testé était composé d’un amplificateur Audio Research, de platines vinyles VPI équipées de cellules DS Audio, de câbles AudioQuest et d’un traitement acoustique GIK.
Oneiros Audio s’inscrit dans une démarche d’hyper luxe, proposant des niveaux de finition incroyables en option, pouvant faire grimper un prix déjà stratosphérique à des niveaux interstellaires. L’entreprise est basée à Silverstone et fait travailler les sous-traitants de l’industrie de la Formule 1.
Le son était finalement assez décevant au regard des tarifs revendiqués. Espérons que cette initiative puisse amener quelque chose de positif au monde de la haute-fidélité, mais rien n’est moins sûr…


Non loin d’Oneiros, la marque polonaise Lirogon présentait ses enceintes électrostatiques Origin, conçues et fabriquées en interne par Lirogon Instruments.
Everest Audio Labs, autre entreprise polonaise spécialisée dans les serveurs musicaux haut de gamme, dévoilait son dernier projet après quinze ans de développement. Ce serveur utilise une alimentation ATX entièrement linéaire à très faible bruit et une carte JCAT USB XE EVO avec une horloge OCXO Master JCAT externe.
C’était une des nouvelles très grandes salles du dernier étage du stade national et celle-ci était très populaire puisqu’elle représentait le fleuron de l’industrie polonaise. J’y suis passé deux fois de suite, mais je n’ai pas été particulièrement impressionné. Je pense qu’une acoustique plus appropriée, ainsi qu’une amplification plus ambitieuse que les blocs Sonic Frontier; auraient donné de biens meilleurs résultats, mais ces enceintes Lirogon sont néanmoins restée dans un coin de mon cortex. A réécouter très bientôt, j’espère…



Les enceintes Kroma Atelier Maribel ont été présentées ici en avant-première, alimentées par des blocs mono Ypsilon Electronics Silver Edition 4 et le préamplificateur maison. Côté source, le serveur Taiko Olympus était associé à la gamme d’accessoire du constructeur néerlandais.
Les Maribel mesurent plus de deux mètres de haut et adoptent une architecture à quatre voies, équipée de deux tweeters AMT, d’un haut-parleur médium à dôme de 7,6 cm, de deux haut-parleurs de médium-grave à cône papier de 20,3 cm et de deux haut-parleurs de graves à cône papier de 38,1 cm. Le prix demandé pour une paire d’enceintes dépasse la barre des 400 000 euros hors taxes.
Je pense que le mariage avec les électroniques Ypsilon n’était pas le meilleur choix et la sélection musicale n’aidait guère à se forger une opinion objective de la performance du système. Bref, une écoute assez décevante en dépit des moyens engagés.


Les enceintes Göbel Divin Noblesse, associées à deux caissons de basses Divin Sovereign; étaient alimentées par une amplification Solution et une source digitale Wadax. Les Noblesse utilisent des tweeters à ruban AMT, de grands haut-parleurs de médium de 20 cm et deux woofers de 30 cm, avec une sensibilité allant jusqu’à 95 dB. Le résultat n’était pas particulièrement convaincant, sans doute un peu trop de loudness dans cette association de maillons. Peut-être les caissons de grave étaient superflus…

Les Marten Parker Quintet étaient bien épaulées par Boulder et Wadax. Le système était très musical et ces « petites Marten » sont plutôt difficiles à prendre en défaut. J’ai aussi apprécié ces caissons Ascendo The28, bien raccordés aux enceintes principales, et quasiment indétectables. Une belle écoute.

L’installation composée d’amplificateurs monoblocs Electrocompaniet AW 800, du nouveau préamplificateur EC 5 Reference, d’un lecteur réseau ECM 1 MkII et d’un lecteur CD EMC 1 MkV, associés à des enceintes Rockport Technologies Lyra étaient assez convaincante. On n’était clairement pas dans l’écoute la plus démonstrative ou la plus ébouriffante du salon, mais ce que faisait ce système était très cohérent et globalement plaisant.

Le Studio 999 proposait un système original composé d’un magnétophone à bandes Sony, des blocs monophoniques Reference 750SEL Audio Research, d’un préamplificateur Karan et des enceintes Stenheim Alumine Five. C’était une belle écoute, une très belle reproduction du jeu d’un piano, avec toute la subtilité micro-dynamique et la richesse tonale qu’on est en droit d’attendre d’un système très haut de gamme. Ma meilleure écoute des Alumine Five à ce jour.

Unison Research démontrait son amplificateur intégré et sa série Unico, associés aux enceintes Opéra Grand Callas SE. Une écoute très agréable et charmeuse, comme savent le faire les petits fabricants italiens.

Closer Acoustics présentait ses enceintes Blocks, associées à une amplification polonaise Elins Audio en classe D. La source était une platine vinyle J. Sikora Aspire, équipée du bras de lecture KV9.
Les Blocks sont des enceintes cubiques modulables, pouvant s’empiler les unes sur les autres; à l’instar de ce que propose Audionec en France, mais dans une toute autre gamme. L’élément central reste le module large bande OKHO, le tweeter Fostex étant disponible en option.
Malgré l’entassement de visiteurs dans la salle qui rendait l’écoute compliquée, ce système semblait en donner beaucoup pour le prix demandé.

Clarisys Audio présentait des enceintes panneaux équipées de haut-parleurs à ruban en aluminium pur. PS Audio faisait la démonstration du lecteur réseau AirLens et du convertisseur numérique-analogique DirectStream DAC Mk2, et de ses blocs monophoniques. Le son était assez propre, manquant peut-être d’un peu de dynamique pour rendre l’écoute pleinement vivante. Ce n’était pas désagréable pour autant.

Vivid Audio a présenté en avant-première mondiale les enceintes G1 Spirit Cu. Cette troisième version des Giyas intégre des moteurs à membrane cuivrée dans les haut-parleurs de médium. Le coffret avait été repensé pour être plus léger et plus rigide.
Comme à Munich, les amplificateurs Mola Mola étaient de la partie, peut-être pas la meilleure amplification pour tirer partie des Vivid. La salle et le bruit alentour ne se prêtaient d’ailleurs pas à une démonstration de qualité. Pour la présentation de cette version Cu, Vivid Audio a étrenné une très belle couleur orange mate cuivrée, du plus bel effet…


Aidas Laboratory faisait des démonstrations de ses cellules à bobine mobile, en partenariat avec l’omniprésent J. Sikora.
Doshi Audio présentait ses amplificateurs Evolution à base de KT150. Ces amplificateurs étaient associés aux enceintes Joseph Audio Pearl Graphen Ultra. J’ai toujours été un peu déçu par les colonnes du fabricant qui sont moins impressionnantes que ses moniteurs. Cette dernière écoute n’est d’ailleurs pas venue chambouler mes convictions.

VTL présentait son haute de gamme en matière d’amplificateurs de puissance (Lohengrin). Il était accompagné du préamplificateur TL 7.5 III, de l’étage phono TP 6.5 II et d’une platine VPI. Les enceintes étaient des Rockport Technologies Lynx. L’écoute était somme toute banale. J’ai l’impression que ces schémas d’amplificateurs à base de KT88 deviennent un tantinet désuets…

Décidément, je ne sais si Horns a le nez creux pour choisir ses partenaires, mais chaque démonstration de ses enceintes fonctionnait toujours à merveille durant ce salon. Les grandes Universum étaient associées à une amplification hongroise Qualiton et un serveur audio Lucas Audio Lab. Une belle écoute, vivante et bien timbrée.

A l’instar de Munich, la marque allemande T+A démontrait son tout-en-un « Symphonia » qui alimentait sans difficulté les enceintes Talis 330. C’était encore une fois un système abordable particulièrement efficace. Lorsque les belles démonstrations se succèdent chez une marque, c’est qu’il y a indéniablement quelque chose de particulièrement réussi. Un très bon ensemble !


Une autre pièce où j’ai retrouvé un manufacturier d’enceintes croisé il y a trois ans, l’entreprise polonaise Horn Acoustic, avec son modèle deux voies « Vivo » utilisant une compression logée dans un pavillon débafllé et un haut-parleur de médium grave propriétaire.
La partie électronique était confiée à SoulNote.
J’ai à vrai dire moins apprécié qu’il y a deux ans, question d’association sans doute. Mais ces petites colonnes à pavillon sans néanmoins à ne pas perdre du vue, ou du moins d’oreille…

Les Magico S5 s’étaient associées à EMM Labs pour les électroniques. On comptait ainsi les blocs monophoniques MTRX2 V2, le nouveau préamplificateur PREi, le convertisseur numérique-analogique DA2i et le lecteur CD TXi.
Si la musique distillée ne faisait pas vraiment dans la dentelle, il faut bien reconnaître que ces enceintes s’expriment à merveille dès lors qu’il y a suffisamment de puissance de feu en amont, ce qui n’est a priori pas un problème pour cette amplification EMM Labs.

Le sommet de la gamme des enceintes Gryphon « Kodo » était associé aux nouveaux blocs monophoniques Antileon Revelation.
Le système comprenait également le préamplificateur Commander et le lecteur CD Ethos. Aurender fournissait le serveur musical N50 avec son horloge maître MC10.
C’était sans doute, et malheureusement, une des grandes attractions du salon en cette journée du samedi. Il était donc très difficile de se glisser dans la salle sans devoir jouer des coudes, et encore plus de faire une écoute attentive de ce système. C’est bien dommage…

Taga Harmony présentait en première mondiale leur HTA 2500B v.2, un amplificateur intégré hybride double mono de 2 x 200 watts sous 8 ohms, utilisant deux tubes 12AX7, intégrant un DAC 32 bit et la technologie Bluetooth aptX HD.
Les enceintes Nostalgic TH 15 m’ont assez convaincu, offrant un excellent compromis prix qualité sonore, et extension dans le grave bien évidemment…

JBL présentait sa nouvelle enceinte « Summit Makalu ». Celle-ci est équipée du tweeter à compression D2830K de 3 pouces, doté d’une double membrane et d’un double aimant, d’un haut-parleur de médium-grave de 20 cm et d’un woofer de 30 cm. L’électronique était fournie par leurs confrères de Mark Levinson.
L’acoustique de la pièce était largement perfectible et il était compliqué de cerner le potentiel de ces nouvelles enceintes.
C’est toujours un peu le problème du Groupe Harman aujourd’hui, et ça ne date pas seulement du rachat par Samsung. Espérons que dans le futur quelques belles démonstrations puissent avoir lieu afin de redorer le blason de ces grandes marques historiques.

Les enceintes allemandes Blumenhofer Gioia 2×220 étaient associées aux amplificateurs Cary Audio CAD-805RS. Une bonne écoute comme souvent avec Blumenhofer !

La toute nouvelle Magico S2 est équipée d’un tweeter au béryllium et de haut-parleurs à cône en graphène Nano Tec, le tout dans un coffret clos.
Le système incluait également l’amplificateur Pilium Leonidas MY25, le convertisseur numérique-analogique MSB Cascade, ainsi que de nouvelles sources numériques telles que le serveur musical Scion et le lecteur de streaming Pink Faun, sans oublier le serveur DSAS et le lecteur CD DST de Métronome Technologie. La lecture des vinyles était assurée par la platine Acoustic Signature Tornado Neo.
J’ai finalement davantage aimé ce système que celui avec les grosses S5 amplifiées par EMM Labs. Il y avait à mon goût plus d’humanité, de naturel dans la musique reproduite par ces petites S2. Une enceinte sans nul doute très prometteuse.

