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Canto di Speranza. Nicolas Bacri : Quatuors à cordes 7, 8 et 9

Les quatuors à cordes de Nicolas Bacri sont souvent chargés de références passées diverses et variées, et le quatuor Psophos nous livre à cette occasion un savant cocktail à base de tradition et de modernité.

Cet album regroupe les quatuors 7, 8 et 9 du compositeur Nicolas Bacri. 

Malgré la variété et les ambiances changeantes des quatuors, certaines constantes reviennent fréquemment comme le contrepoint ou la nature quasi obsédante du thème.

« Canto di speranza », titre donné au Quatuor n°9 opus 149, marque bien cette contradiction entre espoir et désespoir, thèse – antithèse, simplicité et sophistication…

Le Quatuor Psophos semble particulièrement à l’aise au sein de ces climats changeants et ces oppositions méthodiques. On retiendra des allusions assez franches à la musique de Bêla Bartok et Dimitri Chostakovich, mais aussi à Beethoven. Mathilde Borsarello Herrmann, Bleuenn Le Maître, Cécile Grassi et Guillaume Martigné forment indéniablement un quatuor qui fonctionne, délivrant une densité appréciable, à la sonorité parfois inquiétante, mais qui fusionne plutôt bien.

Le Quatuor n°8 opus 112 renvoie quant à lui à la musique de Haydn. Mais là encore, Nicolas Bacri refuse tout conformisme tout en recherchant les allusions manifestes ou moins évidentes à l’histoire de la musique occidentale, dans ce qu’il appelle « le classicisme atemporel », en opposition à une esthétique néo-classique qui n’aurait à ses yeux que trop peu d’intérêt.

En effet, le Quatuor n°8 s’ouvre sur un mouvement de sonate dit « all’ungarese » (clin d’oeil à la période Estherazy de Haydn), précédé d’une introduction assez sombre basée sur les intervalles obtenus par la succession des notes correspondant dans la notation anglosaxonne à H, A et D (Haydn).

La surprise vient d’un second mouvement « Nottorno » très calme en comparaison du premier et du dernier mouvement (« Variation et fugue »), sorte d’entracte ou de pause avant d’entamer le thème du menuet de Haydn et d’en décliner par la suite des variations fuguées.

Le Quatuor n°7 opus 101, dit « Variations sérieuse » ne vient pas changer radicalement l’ambiance exigeante, inconfortable d’un point de vue structurel, et à laquelle on s’est progressivement habituée. Cette composition se veut un vibrant hommage au compositeur britannique Robert Simpson, auteur de quinze quatuors à cordes.

C’est peut-être celui que j’ai préféré, sans doute du fait d’une construction autour d’une suite de variations qui m’ont parues plus cohérentes, ou moins dérangeantes, peut-être parce que centrées autour de cette figure singulière du classicisme intemporel qu’était Robert Simpson.

L’interprétation est à la hauteur de la complexité de la partition, et la prise de son de très bonne facture.

Un disque à recommander donc chaudement à un public averti, mais pas que…

  • Titre: Canto di Speranza – Nicolas Bacri, Quatuors à cordes 7, 8 et 9.
  • Artiste : Quatuor Psophos.
  • Format: PCM 24 bit, 96 kHz.
  • Ingénieur du son: Luc Fourneau.
  • Editeur/Label: Klarthe.
  • Année: 2021
  • Genre: Classique.
  • Intérêt du format HD (Exceptionnel, Réel, Discutable): Réel.

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