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Cellopera

Voilà qui peut paraître banal, voire même un tantinet ringard, de jouer des transcriptions d’airs d’opéras archi connus pour violoncelle. Ophélie Gaillard est cependant là pour nous rappeler qu’un instrument à corde peut lui aussi chanter, et que le chant, quel que soit le vecteur au travers duquel il s’exprime, est l’essence même de la musique. Le violoncelle est sans doute d’ailleurs l’instrument dont la tessiture se rapproche le plus des cordes vocales.

Cette aventure opératique permet donc de passer en revue les plus beaux airs de Mozart à Offenbach, en passant par Puccini, Donizetti, Verdi, ou bien encore Tchaikovsky.

Et même lorsqu’on s’appelle Ophélie Gaillard, « tenter de sculpter chaque mot au gré des inflexions de l’archet, épouser chaque mouvement de l’âme pour dire l’indicible » relève du plus grand optimisme. Car c’est là qu’on s’aperçoit que la puissance émotionnelle d’une voix, l’infinie palette de nuances qu’elle peut offrir, est difficilement égalable par un instrument de musique, même un violoncelle.

Il n’en reste pas moins que l’interprète réussit le tour de force de s’adapter aux différents styles lyriques. Certains y verront un hommage aux plus beaux airs d’opéra, d’autres y verront davantage une performance technique et artistique. 

J’y vois personnellement un manifeste amoureux, celui dédié à son instrument et à sa sonorité pleine, mais aussi celui à un patrimoine culturel, celui de l’art lyrique dans sa représentation la plus populaire. On tombe en effet vite sous le charme de l’éloquence d’une violoncelliste qui dose juste, sans trop en faire, sans appuyer l’archet de façon excessive, écueil sur lequel aurait pu sombrer (n’y voyez aucune animosité personnelle) un Yo Yo Ma, mais qui est très élégamment esquivé par Mme Gaillard, conservant ainsi l’élan et la fraîcheur nécessaires à l’épanouissement de ce répertoire.

J’ai été assez surpris finalement d’entendre, au neuvième extrait, cette continuité instrumentale interrompue par la voix de Don Carlo, via le passage éclair de Nahuel Di Pierro.

Ces transcriptions ont également le mérite, ou du moins la caractéristique, de rendre le dialogue soliste / orchestre plus fusionnel que dans une interprétation conventionnelle. Et la connexion entre l’Orchestre de chambre Morphing de Vienne, conduit par Frédéric Chaslin, et Ophélie Gaillard m’a semblé excellente.

Un disque qui ravira très certainement les amateurs du genre.

  • Titre: Cellopera
  • Artiste: Ophélie Gaillard (violoncelle), Morphing Chamber Orchestra, Frédéric Chaslin (direction). 
  • Format: PCM 24 bit, 96 kHz
  • Ingénieur du son : Nicolas Bartholomée (Little Tribeca).
  • Editeur/Label: Aparté.
  • Année: 2021
  • Genre: Classique
  • Intérêt du format HD (Exceptionnel, Réel, Discutable): Réel.

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