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Concertos : Saint-Saëns, Huillet, Ravel.

C’est surprenant d’écouter le Concerto pour violoncelle numéro 1 Op.33 de Camille Saint-Saëns en version chambriste. Il fait certes la part belle au violoncelle mais tend néanmoins à en simplifier un peu les contours.
L’initiative en revient au soliste Damien Ventula qui a fait appel à Gilles Colliard pour adapter pour orchestre à cordes le Concerto pour violoncelle de Camille Saint-Saëns.
Encore moins anodine est la juxtaposition d’une pièce contemporaine, celle du Concerto du compositeur et pianiste Thierry Huillet, d’ailleurs écrite pour le violoncelliste.

Le programme est complété par deux autres œuvres de Saint-Saëns : la Romance Op.36 et Le cygne.
Maurice Ravel est également présent avec sa pièce en forme d’Habanera.
Toutes ces compositions ont été arrangées pour les adapter à l’Orchestre de Chambre de Toulouse.

Ce n’est pas une prise de son particulièrement moderne. Elle est en fait assez globale, et ne met pas forcément en lumière le soliste, du moins pas de façon systématique.
Cela n’empêche pas d’obtenir une restitution plutôt vivante, avec une grande complémentarité entre le velouté de l’Antoine Médard de Ventula et le son parfois un peu sec des autres instruments à cordes.

Damien Ventula n’est pas non plus à la recherche d’une performance individuelle mais joue clairement la carte du collectif. Cela s’entend très nettement et la complicité avec l’orchestre semble évidente.
Si l’exercice est déjà compliqué sur le concerto de Saint-Saëns, il l’est encore davantage sur celui de Thierry Huillet. Quel sens de l’abnégation ! Surtout lorsqu’on aborde une œuvre écrite spécialement pour vous…

C’est donc un vrai travail d’orfèvre qui nous est présenté sur cet album, avec une façon toute particulière de fluidifier des partitions parfois très complexes et tourmentées. On ressent cette intention de rester dans un cadre, de privilégier l’équilibre et la cohérence à l’expressivité.
Bien évidemment, le répertoire contemporain offre davantage d’espace au soliste qui évite néanmoins les écueils d’un jeu trop spectaculaire ne servant pas forcément la clarté et la partition.
Le fait de jouer avec des cordes en boyau apporte sans doute aussi un son plus plein, moins sec et donc une perspective sensiblement différente alliant virtuosité et douceur.

L’Habanera de Maurice Ravel apporte le nécessaire raffinement et constitue en quelques sortes une transition parfaite pour revenir à Saint-Saëns, fil conducteur de cet album qui vient célébrer le centième anniversaire de sa mort.

La Romance (jouée ici dans l’arrangement du violoncelliste) puis « Le Cygne » (extrait du Carnaval des animaux) forment un final élégant, une belle conclusion à un album où l’élégance justement est peut-être le maître mot…

  • Titre: Concertos : Saint-Saëns, Huillet, Ravel.
  • Artiste: Damien Ventula (violoncelle), Orchestre de Chambre de Toulouse (direction Gilles Colliard).
  • Format: PCM 24 bit, 96 kHz
  • Ingénieur du son : Jérôme Hallais.
  • Editeur/Label: Klarthe.
  • Année: 2020
  • Genre: Classique
  • Intérêt du format HD (Exceptionnel, Réel, Discutable): Discutable.

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