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Szymanowski – Symphony N°4 / Mazurkas

Ce disque rassemble un enregistrement récent de la Symphonie Concertante pour piano et orchestre – Symphonie n° 4 op. 60 – de Karol Szymanowski, et une session plus ancienne (captée 3 ans auparavant) de Szymon Nehring de dix des vingt mazurkas de l’opus 50 du même compositeur.

C’est la nouvelle directrice artistique et cheffe de l’Orchestre Symphonique National de Pologne, Marin Alsop, qui entreprend de graver cette œuvre phare du catalogue du plus grand compositeur polonais de la première moitié du XXᵉ siècle, répertoire qu’elle n’avait abordé jusqu’ici qu’en concert.

C’est une version raffinée et très harmonieuse de cette symphonie concertante que proposent Marin Alsop et Szymon Nehring, qui se démarque de nombreux enregistrements moins délicats.

Cette quatrième symphonie fut dédiée à Arthur Rubinstein, et composée en 1932, en même temps que le ballet Harnasie, l’un des chefs-d’œuvre de Szymanowski.

Elle fut créée cette même année, sous la direction de Gregor Fitelberg avec, en soliste, Artur Rubinstein, dédicataire de la partition.

Celle-ci se révèle comme un véritable concerto pour piano, particulièrement influencé par l’univers musical d’un autre contemporain, Bêla Bartók.

Il y a d’indéniables qualités dans cette version, par ailleurs très bien enregistrée.

Déjà, le piano de Nehring est incisif, dynamique sans être pour autant dur et détimbré. Ce clavier au contraire chante, dévoilant une palette tonale particulièrement riche et nuancée.

Ensuite, il y a une vraie osmose entre le soliste et l’orchestre, ce qui est peu fréquent dans ce répertoire très tourmenté et énergique.

La direction d’orchestre est tout aussi remarquable. Marin Alsop fait preuve d’un sens de la mesure exceptionnel, insérant cette élasticité plastique sans sacrifier au caractère tempétueux et lyrique de cette œuvre.

Cette version parvient à concilier délicatesse, romantisme et lyrisme. Les cordes et les vents sont magnifiquement captés, instaurant cette douceur subtile qui permet de si bien mettre en valeur les explosions sonores et les contrastes dynamiques.

C’est définitivement une interprétation qui amène son lot de fraîcheur et de couleurs chatoyantes. C’est à mon avis la meilleure façon de découvrir cette œuvre, voire de la redécouvrir…

Le jeu de Szymon Nehring et celui du premier violon introduisent dans le second mouvement Andante molto sostenuto une belle dose de mystère et d’élégance. Tel un orfèvre, Nehring bat la cadence avec une minutie et une précision étonnantes. Chaque dissonance est ici resplendissante, harmonieuse, comme si elle amenait une clarté, une luminosité évanescente, permettant de mieux ciseler les contours de cette partition.

Le finale, Allegro non troppo, nous ramène vers un climat plus inquiétant, plus dynamique. Pour autant, il offre un côté très dansant, avec cet oberek central.

Puis vient cet emballement final, néanmoins complètement maîtrisé, sorte d’apothéose. Une très belle version, sinon la plus convaincante que j’ai pu écouter à ce jour.

Les dix mazurkas représentent un enchaînement idéal. On aurait presque l’impression qu’elles constituent un prolongement naturel de cette quatrième symphonie. Elles s’enchaînent dans une diversité rythmique et modale remarquable. Szymon Nehring joue avec une délicatesse et une subtilité rare, mettant en lumière cette complexité rythmique sans pour autant venir entraver la fluidité de ces mélodies. C’est une interprétation empreinte d’une grande spontanéité.

Un disque admirable, qui mérite amplement notre Grand Frisson !

  • Titre : Szymanowski – Symphony N°4 / Mazurkas.
  • Artiste : Szymon Nehring (piano, Polish National Radio Symphony Orchestra, Marin Alsop (direction).
  • Format: PCM 24-bit, 96 kHz.
  • Ingénieur du son: Justyna Popiel.
  • Editeur/Label: NOSPRs.
  • Année: 2026.
  • Genre: Classique.
  • Intérêt du format HD (Exceptionnel, Réel, Discutable): Réel.
Szymanowski – Symphony N°4 / Mazurkas 2

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