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Waking world – Youn Sun Nah

Un onzième album pour la chanteuse Youn Sun Nah, et un retour aux sources avec des compositions personnelles et intimes.

C’est clairement pour moi un vrai regain d’intérêt, après m’être détaché pendant un moment des incursions dans les reprises de la pop et de la variété.

La mezzo soprano nous plonge ainsi dans les atmosphères brumeuses des matins calmes.

Et même si certains titres sont moins vaporeux, et moins coréens, ils constituent une évocation de cette culture duale de Youn Sun Nah entre Asie et Occident.

Ces compositions écrites lors de son confinement en Corée, offrent des climats contrastés, la diva naviguant subtilement entre ombre et lumière, joie et mélancolie.

Sa voix n’a en tout cas rien perdu de sa pureté et de son potentiel émotionnel.

La musique se veut particulièrement changeante et les ambiances restent moins ethniques et authentiques que celles de l’album « So I am ». Il y a aussi moins de gravité et d’émotion que dans « Voyage », les rythmes pop et folk, les sonorités électroniques, apportant une certaine légèreté à ce nouvel album, nous orientant finalement plus souvent vers la rêverie, que vers la pure mélancolie.

Le titre éponyme Waking world est sans nul doute une des plus belles réussites de ce nouvel opus. Au fil des titres, cette épopée musicale prend plus d’épaisseur, et la voix de Youn Sun Nah n’en finit plus de nous enchanter.

Sur la composition « It’s OK », la chanteuse scande « we are where we are ». C’est bien la sensation que j’ai éprouvée : bienvenue à la maison, Madame Youn Sun Nah.

Un retour aux sources rafraîchissant.

  • Titre: Waking World
  • Artistes : Youn Sun Nah.
  • Format: PCM 24 bit, 44,1 kHz.
  • Ingénieurs du son: Aristide Rosier, Rémy Dumetz.
  • Editeur/Label: Arts Music
  • Année: 2022
  • Genre: Jazz / Folk.
  • Intérêt du format HD (Exceptionnel, Réel, Discutable): Discutable.

3 réflexions au sujet de “Waking world – Youn Sun Nah”

  1. Bonjour,
    Je ne partage pas votre opinion sur cet enregistrement.
    En plus de vos remarquables CR d’écoute de matériels high end vous chroniquez aussi des disques. Dont, sauf erreur de ma part, très peu de disques de jazz, rock, pop etc. Dommage que vous commenciez par cet enregistrement de YSN, pour moi son moins bon disque à ce jour.
    A l’instar de Melody Gardot, YSN est surtout connue en…France. Certains y verront le témoignage de notre bon goût légendaire, d’autres notre irréductible propension au romantisme. Je dois avouer que je fais partie de ses admirateurs de la première heure.
    On est bien d’accord que YSN a une voix extra ordinaire ; sa tessiture et ses envolées lyriques en imposent. Mais est elle une grande chanteuse ? Avec le recul des années rien n’est moins sur! L’émotion musicale incomparable que procure la voix humaine des grands interprètes (Callas, B Hollyday, C Baker etc.) ne passe pas toujours dans la qualité intrinsèque de leur voix mais aussi dans leurs fêlures, leurs légères imperfections, qui les rendent finalement plus humaines et nous touchent parfois au cœur.
    Avec YSN on est toujours sur le fil. Elle adore les reprises, brouille les pistes au risque de se perdre, dans une espèce de fuite en avant, qui pourrait ne refléter au final qu’une approche égocentrique de la musique.
    A l’instar de Cécile Mc Lorin Salvant , YSN change de point de vue, sous couvert, bien pratique, de confinement dépressif (sic) et veut écrire les textes de ses chansons ; c’est évidement tout à son honneur car on en un peu assez des sempiternelles reprises des classiques du jazz vocal par des chanteuse sans réel talent poussées par le marketing des maisons de disques. Mais le résultat reste à mes oreilles, pour l’une comme pour l’autre, modeste. Pondre de grands textes est un talent autre (N’est pas Dylan, Cohen ou Cole Porter qui veut !).
    Le diable se cache comme on le sait dans les détails ; la photo de la pochette nous montre une artiste semble t-il fatiguée, bien loin du précédent Opus; la musique me parait coller à cette image, très largement en retrait de ce qu’elle a pu créer par le passé et dont l’acmé reste de mon point de vue le duo avec Ulf Wakemius chez Act ; il n’y a qu’à visionner son concert à Vienne de 2013 et son incroyable performance pour s’en rendre compte.
    J’avais commencé à douter sur le final de Immersion ou elle chantait en contresens total le Hallelujah de Cohen (ce dernier à mis 7 ans pour l’écrire, lui aussi dans une sorte de confinement à Hydra). Ici les mélodies sont assez pauvres et manquent cruellement d’inspiration et ne sont pas portées par des paroles dont la platitude est assez désespérante.
    L’accompagnement musical tourne un peu en rond, à l’exception des envolées de la trompette d’Airelle Besson, admirable.

    Quant à la qualité Audiophile je suis parfaitement d’accord que la HR (comme souvent) n’amène rien à un enregistrement plutôt plat, avec une production typée « pop » et ses dérives. Par contre le son de « Immersion » est lui, par une sorte d’analogie, immersif ; excellente définition, basses profondes, image large, dynamique, prise son et production superlative dues certainement au producteur Clément Ducol et ses drums machine. Un régal. Le son HR me parait légèrement en retrait de la version CD.

    A travers mon témoignage, qui ne se veut surtout pas inamical, se pose en creux la question de ce que cherchent et attendent les mélomanes/audiophiles de leur installation et des supports d’écoute. On peut bien sur, comme vous le faites, rechercher une certaine forme de perfection à travers le matériel mais il y a aussi une autre voie que les audiophiles peuvent creuser : celle de choisir avec le plus grand soin les supports qui leur amèneront un plaisir d’écoute décuplé. Il existe des milliers d’enregistrements dans tous les genres dont plusieurs vies ne pourront achever l’écoute. Reste à choisir avec soin l’artiste/le disque/la version d’une œuvre/le support qui mettront en lumière leur installation, même si elle n’est pas alimentée par des câbles secteurs polonais à plusieurs milliers d’euros ou restituée par des DAC à 10K€…
    Je voudrais prendre un exemple que j’ai écouté récemment et qui pourrait servir en quelque sorte de révélateur : le disque de Muddy Waters « Folk Singer » de 1964. J’avais en mémoire la très bonne prise de son de mon vinyle d’époque (Chess). Je viens de réécouter la version numérisée (à partir d’un SACD) via Qobuz et je dois avouer que le résultat transcende le matériel et je suis sur que cela restera vrai pour des installations modestes. Du reste il serait intéressant d’écouter aussi les versions digitalisées qui circulent sur Internet à partir des matrices gravées en 45 t et remasterisées par Analogue Productions pour asseoir le fait que le maillon le plus faible reste le support source et que les Masterings de 2022 ne font pas souvent mieux. Je partage d’ailleurs votre opinion que l’apport des supports HR reste très souvent « discutable » y compris les T5 attribués par Diapason que j’écoute chaque mois.

    Cordialement et musicalement

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    • Bonjour et merci pour votre commentaire.
      Chacun sa sensibilité en effet et je partage partiellement votre opinion.
      En ce qui me concerne, l’acmé reste « So I am » qui est pour moi le meilleur de cette dualité France / Corée du Sud que représente Youn Sun Nah. Il y a dans cet album quelque chose de puissant, de particulièrement fort et touchant. J’ai également beaucoup apprécié la collaboration avec Ulf Wakenus (qui a d’ailleurs bien bénéficié de l’aura de la chanteuse), et je me rappelle avoir assisté à leur prestation live à Rolland Garros avec beaucoup de bonheur. j’aime beaucoup l’album live à Munich et celui studio.
      Néanmoins, je trouve « Voyage » un peu plus artificiel que « So I am », même si la performance technique et les arrangements sont extraordinaires. Il y a un peu moins d’authenticité, cette chose indéfinissable qui me fait aimer YSN pour sa singularité.

      Voilà pourquoi ce dernier opus me plait vraiment. Il m’apparait plus personnel, plus intime,et je vous concède bien volontiers que les paroles et l’écriture ne peuvent rivaliser avec les artistes que vous avez cités. Et qu’il est techniquement en dessous de ce que YSN a pu proposer par le passé.

      Mais parfois, l’émotion nait aussi de quelque chose d’extrêmement simple et dépouillé. Et sur ce plan, je trouve que Waking World fonctionne plutôt bien, du moins il me rapproche de ce qui me touche chez YSN.
      Bien sûr, cela reste un album assez inégal et certains titres me touchent plus que d’autres.

      Après, en ce qui concerne le côté franchouillard de la popularité de cette artiste, je pense que cela tient davantage au fait qu’elle soit très présente en France, à l’instar de Mélodie Gardot (que j’ai entendue en concert à Varsovie il y a deux semaines, et où elle est très populaire également). Je ne crois pas qu’il y ait une « sensibilité française » qui fasse qu’elle soit plus populaire par chez nous. Même chose pour Mélodie Gardot, qui est une merveilleuse ambassadrice de la France à l’étranger…
      Enfin, pour vous répondre sur l’intérêt de la haute résolution, pour cet enregistrement bien précis, il est proposé en 24 bit / 44,1 kHz, ce qui n’est tout simplement pas meilleur que le format red book classique, quelle que puisse être la qualité de la prise de son.
      Cordialement,
      JC

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  2. Bonjour,
    le disque que j’ai cité est bien proposé en HR 24 bits /192 kHz par Qobuz
    https://open.qobuz.com/album/0060254749760
    Citation:
    « Avant que Classic Records ne soit vendu à Acoustic Sounds, une petite série de pressages 45 tours de Muddy Waters « Folk Singer » a été produite sur le vinyle exclusif Clarity de Classic en prévision d’une sortie future. Les quatre pressages 45 tours recto simple, emballés dans des boîtes blanches, ont récemment été découverts lors d’un nettoyage et ont récemment été mis en vente pour la première fois. Cela pourrait finalement devenir le titre le plus rare et le plus recherché de Classic Records car il n’a jamais été publié sur Clarity Vinyl en 45 tours et il n’en existe qu’une petite quantité.
    Masterisé à partir des bandes maîtresses analogiques originales de Chess de 1964, ce pressage Clarity Vinyl fait ressortir des éléments de la production intime en studio comme jamais auparavant »

    Muddy Waters – Folk Singer (45 rpm)
    Vinyl rip in 24-bit/192kHz existe sous deux versions
    Mastered by Bernie Grundman from the original analog master tapes
    Analogue Productions 180g 45rpm 2xLP-Set / Cat.#: AP LPS-1483 ou Chess / Classic Records | LPS-1483-45
    Analogue productions propose bien 3 versions de ce disque dont une SACD
    https://store.acousticsounds.com/index.cfm?get=results&searchtext=muddy+waters

    Cordialement

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