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Éditorial décembre 2022

Nos mange-disques d’hier sont la hifi de demain ! 

Les meilleures ventes de disques (CD et vinyles) en France en 2022 sont majoritairement issues du rap et de la variété. Ce n’est manifestement pas une surprise. Est-ce que cette musique justifie néanmoins l’utilisation d’une chaîne haute fidélité ? Probablement pas, puisque l’essentiel de cette musique est majoritairement électronique et sans grand rapport à une quelconque réalité acoustique. Il n’y a donc pas de fidélité, puisqu’il n’y a rien à tromper ni à respecter ! Une partie de cette production musicale est d’ailleurs formatée pour être diffusée sur du matériel de piètre qualité. Cela a au moins le mérite de la cohérence ! CQFD.

Je suis toujours surpris de voir de nouveaux arrivants débarquer sur le marché de l’audio, à l’instar de Polaroïd qui décline son offre basse résolution de la photographie sur une gamme d’appareils audio portables. L’appareil audio est ainsi devenu un accessoire de mode, une chose qu’on vend entre les rayons de survêtements et de sneakers. Pourquoi pas ? La FNAC vend bien aujourd’hui ses appareils audio à côté des robots ménagers.

Bref, le côté sacré ou culturel de la musique, voire de notre patrimoine musical, en prend un sacré coup dans l’aile…

Il restera pourtant toujours une petite fraction de mélomanes, ceux qui attendent plus qu’un simple bruit de fond lorsqu’on prend sa douche ou qu’on regarde un match du PSG.

C’est à ce public restreint qu’Audiophile-Magazine souhaite une excellente année 2023. 

Puisse-t-il continuer à préserver la diversité musicale, l’apprentissage d’un instrument et le message de paix et de fraternité qu’est supposé véhiculer notre héritage musical. 

Joël Chevassus

3 réflexions au sujet de “Éditorial décembre 2022”

  1. Il est dommage de commencer l’année par le poncif (certes énoncé avec précaution) que Variété et Rap n’auraient pas besoin de fidélité sonore. La Variété est le Rap ont autant besoin de fidélité sonore que les autres genres musicaux : on peut ne pas aimer une intention artistique, mais elle se traduit par un message sonore qu’il convient de respecter, fut-il entièrement électronique : question d’amplitude, de textures, d’impact : les critères ne sont pas forcément les mêmes (ou plutôt ne sont pas présents dans les mêmes proportions), mais ils sont présents et justifient l’utilisation d’une chaine Haute-fidélité. Dommage de montrer là ‘une forme de snobisme (le mot est peut-être un peu fort) dont je vous pensais exempt… Le fait que ces genres soient « adaptés » pour passer en radio n’est pas non plus quelque chose de nouveau ou récent : Berry Gordy en son temps faisait jouer les morceaux créés par la Motown sur une radio de poche pour savoir si « ça passait bien ».

    Que cette différence de vues ne m’empêche pas de saluer le travail formidable que vous réalisez au sein de « Audiophile-Magazine » et de vous souhaiter une bonne année 2023 et de nombreuses années de tests pour nous faire à nous frayer un chemin vers la vérité et le Graal sonore !

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    • Cher Alain,
      Je suis désolé si mes propos ont pu vous paraître irrespectueux.
      Ce n’est pas la forme artistique qui motive mes propos, mais seulement le manque de référence dans l’absolu de la musique électronique.
      C’est une tendance qui se généralise et ma réflexion se veut globalisante, faisant abstraction des quelques artistes de variété ou de rap qui ne travailleraient qu’avec des instruments acoustiques.
      Même si déjà du temps de la Motown, on pouvait se préoccuper de la diffusion de masse à la radio, il n’en est pas moins vrai que le rapport à la musique change et qu’il y a beaucoup moins de sacralisation aujourd’hui.
      Est-ce un bien ou un mal ? Chacun pensera ce qu’il veut. Il n’y a pas de snobisme dans ce constat. C’est juste un constat un tantinet provocateur, mais pas tant que ça…
      Cordialement,
      Joël

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